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April 17, 2008

Yahoo! fait monter le désir

Filed under: Articles — oaudemar @ 10:09 am and

Depuis trois mois, Yahoo! fait languir Microsoft, qui attend sa réponse face à son offre de rachat de 44,6 milliards de dollars. Mais la firme de Sunnyvale aborde d’autres partenaires, comme AOL et Google. Simple coup de bluff pour faire monter les prix ou réelle tentative d’échapper au géant de Redmond? Eléments de réponse.

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« Do you Yahoo! » Au slogan du premier portail Internet mondial, Microsoft s’impatiente de répondre « I do ». Après plusieurs refus consécutifs, Yahoo! augmente encore la pression en allant voir ailleurs, face à une offre pourtant jugée « généreuse » par Microsoft, qui a offert 31 dollars par action, valeur bien au-dessus de sa cotation actuelle, autour de 28 dollars.

Le Wall Street Journal a révélé début avril que les dirigeants de Yahoo! négocieraient avec Time Warner pour absorber AOL, la branche Internet de la major. Parallèlement, Yahoo! s’est rapproché de Google, l’ennemi intime de Microsoft. Les deux firmes testent actuellement un partenariat, Yahoo! plaçant sur son moteur de recherche les publicités de Google.

Par ces rapprochements, l’ex start-up californienne espère faire monter les enchères, estimant « être sous-évaluée ». Dans le monde des affaires, tout est une question de bluff. Et le co-fondateur de Yahoo!, Jerry Yang, l’a bien compris. Car une alliance avec AOL ou Google est jugé peu crédible par les experts, AOL étant en perte de vitesse et une alliance avec Google largement anti-concurentielle. Ces barrières tendent à prouver que Yahoo!, par ces rapprochements, veut faire monter les prix.

Mais la patience de Microsoft a ses limites. Steve Ballmer, son directeur général, a lancé le 5 avril dernier un ultimatum de trois semaines à Yahoo!. En évoquant la possibilité d’une OPA hostile.

Yahoo! va donc devoir décider rapidement de son avenir et ne pas se montrer trop gourmand. D’autant que la publication de ses résultats du premier trimestre 2008 à la fin du mois sera déterminante. Yahoo! a jusqu’au 26 avril pour se décider. Passé ce délai, l’union Yahoo!-Microsoft pourrait s’acheminer vers une mariage forcé.

 

April 10, 2008

Portrait d’un professeur en ZEP. « L’instruction comme passeport »

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A 44 ans, Amara B. est professeur d’anglais en ZEP depuis seize ans. Actuellement professeur dans un lycée à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne), elle a notamment enseigné à Evry, Draveil, Longjumeau et Grigny. Portrait d’une femme déterminée à devenir professeur, dont la vie est marquée par l’importance du savoir et de l’instruction.

Coiffure à la Claire Chazal, anneaux dorés et tailleur strict, Amara B. est une femme moderne. A l’aise, elle se livre sans concession. Et parle de son enfance, qui définit son parcours et explique son envie de devenir enseignante. Née en Algérie à Arbouz, petit village berbère près de la frontière marocaine, Amara ne voulait pas devenir comme sa mère, « une femme inactive et analphabète ». Son père, qui a émigré en France avant sa naissance, est un autodidacte, qui connaît la valeur de l’instruction. Amara évoque avec fierté ce père maçon « qui allait à des cours du soir, et qui en a beaucoup voulu à son père de ne pas lui avoir permis de faire des études ». Ce qui explique qu’il ait encouragé sa fille à faire des études une fois arrivée en France, à l’âge de 6 ans. « Mon père se projetait en moi. Il avait compris que le diplôme était le meilleur passeport pour un immigré». Pour Amara, « le fait que je sois professeur représente beaucoup pour lui. Je symbolise l’instruction. Et je pense qu’il en est fier. Même s’il ne le dit pas », avoue-t-elle les yeux mouillés. « Mon père a une espèce de pudeur…Et le fait qu’il ne me dise pas qu’il est fier me manque. » Mais ne la freine pas. Car Amara est un concentré de détermination. (more…)

April 6, 2008

Le Juge face à la récidive d’un cocaïnomane

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Instants d’audience en comparution immédiate à la 23ème Chambre correctionnelle du Tribunal de Paris.

15h30. K. entre dans le box, tête baissée, mal rasé, doudoune marron et mains croisées derrière le dos. C’est le troisième prévenu qui passe devant le Président Albert et ses deux assesseurs depuis 14 heures. Boucher tunisien de 30 ans, en France depuis treize ans, il est accusé d’usage et de complicité d’offre et de cession de produits stupéfiants. En l’occurrence de la cocaïne.

Le Président rappelle alors les faits. K. est accusé d’avoir mis en relation un mineur vendeur de drogue et un libanais consommateur, tous deux interpellés le 9 mars dernier par la police du IIIème arrondissement de Paris alors qu’ils s’échangeaient une dose de cocaïne. En garde à vue, le libanais avoue qu’un intermédiaire est intervenu dans la cession de drogue. Ses appels téléphoniques permettent de confondre K. Le Président ajoute ironiquement « Vous savez, les téléphones, ça trahit les gens, monsieur. » Des rires discrets se font entendre dans la salle d’audience. (more…)

March 6, 2008

« Une étoile au Michelin, c’est suprême »

Filed under: Articles — oaudemar @ 3:05 pm and

 Le fameux guide culinaire sort aujourd’hui en librairie. L’occasion d’aller à la rencontre de futurs cuisiniers, pour qui les étoiles restent la référence.

Les élèves de première année du BEP cuisine doivent réaliser un menu complet en une journée.

« Au menu aujourd’hui, croustade d’oeufs brouillés, filet de sole et crème brûlée ». Une odeur de caramel flotte dans la cuisine. Quinze apprentis en première année de BEP s’activent aux fourneaux pour réussir le menu du jour, au centre de formation des apprentis des 3 Villes.Au programme du cours : la pâte feuilletée. « La faire, c’est simple. La réussir, c’est autre chose », plaisante le chef Delhommeau. Rouleau à la main, il montre à ses apprentis la technique de la pâte feuilletée. « En première année de BEP, les élèves apprennent les bases, ainsi que la cuisson et l’assaisonnement, les deux clés de voûte de la cuisine », explique-t-il. Une fois les bases assimilées, les apprentis peuvent rêver aux étoiles du Guide rouge. Pour Adeline Jeanneau, 15 ans, « le Michelin, c’est suprême. Je veux rentrer dans un grand restaurant étoilé. C’est ce que je veux faire, et je ne vais pas m’arrêter. »

Et Adeline a de quoi espérer. Deux élèves du CFA travaillent actuellement dans des restaurants une étoile, aux Jardins de la Forge à Champtoceaux et au Bistro de Paris à Laval. Les apprentis rencontrent également dans l’année des chefs étoilés, comme David Etcheverry du restaurant Le Saison à Rennes.

Un rythme de travail effréné

Soudain, l’odeur du poisson se mêle à celle du caramel. Il est l’heure pour les apprentis de passer au « filetage » du poisson, avec pour cobayes une sole et un merlan. Bien que le rythme de travail soit soutenu, « le CFA permet de souffler un peu. C’est plus cool qu’en entreprise », explique Matthieu Labarre, 15 ans, apprenti à L’Edelweiss à Laval.

Durant leur scolarité, les élèves de BEP sont en apprentissage : trois semaines en entreprise et une à l’école. Pour Matthieu, « l’entreprise est la meilleure des écoles ». Mais il avoue que « c’est un peu dur au restaurant. Je travaille plus de 35 heures ! »

Penchée sur son poisson, Ophélie Roudier, 17 ans, n’a pas peur de la cadence effrénée des cuisines étoilées. « Les étoiles, c’est la classe », s’exclame-t-elle. Apprentie à La Bonne auberge de Laval, sa passion pour la cuisine lui a été transmise par son arrière-grand-père. Les yeux remplis de fierté, elle explique qu’« il a travaillé pour le roi du Maroc et sur le bateau France ». Son but ? « Ouvrir son propre restaurant et être un chef reconnu… Et étoilé si possible ! ».

Olivia AUDEMAR.

Ouest-France (6 mars 2008)

March 1, 2008

XXI, nouvel ovni de la presse française

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Patrick de Saint-Exupéry, grand reporter et rédacteur en chef de la revue XXI, était l’invité de l’Institut Pratique de Journalisme le 6 février dernier. L’occasion d’annoncer la naissance d’un nouveau magazine, baptisé XXI.

« Vous êtes courageux, vous êtes des fous sympathiques! ». Voilà ce que se sont entendus dire les créateurs de la nouvelle revue XXI lancée en janvier, Patrick de Saint-Exupéry et Laurent Beccaria, au tout début de l’aventure XXI. « En clair, vous êtes un peu cinglés », dixit Patrick de Saint-Exupéry. Mais pour le grand reporter, l’intuition est là. Et il faut la suivre. « Un journal, c’est avant tout quelque chose d’intuitif ». L’idée du magazine est alors de « raconter le réel », qui colle à la peau du reporter du Figaro. Ne trouvant plus de place pour s’exprimer, il décide de lancer un magazine consacré au « récit du réel », autre terme pour désigner le reportage. Car pour le rédacteur en chef de XXI, pas question d’utiliser ce terme, « trop galvaudé dans les journaux de nos jours ».

XXI est un ovni de la presse française, qui « rassemble la famille du récit, avec des articles, des photos, des illustrations et des récits graphiques ». Une diversité qui redonne une bouffée d’air frais à la presse française. « XXI, c’est d’abord une proposition inédite aux lecteurs », trop longtemps délaissés par la presse française selon le grand reporter. « La presse ne propose plus rien. Il faut revenir aux évidences. Un lecteur achète un journal avant tout pour lire! ».

Pour lancer le magazine, c’est avec fierté que Patrick de Saint-Exupéry annonce qu’il a pas eu recours au marketing et aux études de marché. Car « le lecteur n’est pas une cible. Tout a été fait au doigt mouillé », lance-t-il en levant l’index au plafond. Puis « les choses se sont faites sous le coup du hasard et des rencontres ».

Les fondateurs de XXI ont fait un pari, celui de miser essentiellement sur le contenu. En oubliant la pub. « Nous n’avons rien contre la publicité. Mais rien n’appelle la pub dans la revue. Donc nous avons décidé de ne pas en mettre. ». « Le lecteur, c’ est la vie de XXI », résume Patrick de Saint-Exupéry.

Lancer XXI, « c’est avant tout une prise de risque ». Et le risque s’avère payant. La revue, distribuée en librairie, a déjà été achetée par 40 000 lecteurs. Preuve qu’avec de l’audace, des idées, et une forte dose de passion, la presse française n’est pas encore morte et enterrée.

February 3, 2008

« Le journalisme d’investigation est un combat »

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Mohamed Sifaoui, journaliste d’investigation, était l’invité de Frédéric Encel à l’IPJ jeudi dernier. Extraits choisis d’une conférence riche en enseignements sur le journalisme d’investigation.

Mohamed Sifaoui est un homme sans concession. Et un journaliste d’investigation dans l’âme. A peine la conférence commencée, il renverse la situation et pose la première question. « Qui veut être journaliste d’investigation? », demande-t-il les bras croisés à l’auditoire. Quelques mains timides se lèvent. Le débat s’anime.

 Pour Mohamed Sifaoui, « l’investigation est un choix. Le journaliste d’investigation s’intéresse aux phénomènes extrêmes, à des choses à la marge du quotidien ». Tout de noir vêtu, il teste son auditoire, le plaçant face à un dilemme. « Si vous interrogez un homme et que vous obtenez deux réponses différentes en on et et off, laquelle utilisez-vous? » Pour Mohamed Sifaoui, pas de doute possible. Il faut utiliser les deux réponses, afin de respecter le « climat de confiance entre le citoyen et le journaliste. Trop de journalistes deviennent des porte-micro ».

Mohamed Sifaoui dénonce cette « culture de la connivence entre les journalistes et les gens qui sont dans le débat public, ce qui décrédibilise les journalistes ». Car le rôle du journaliste, « c’est de montrer la réalité, et non de rapporter une propagande », affirme-t-il. Tripotant ses lunettes, il revient sur ce qu’il appelle « le journalisme institutionnel ». « Aujourd’hui, il y a des pressions pour que l’information soit traitée d’une manière favorable aux milieux dirigeants ».

Pour ce passionné, le « manque de combativité de beaucoup de journalistes » nuit à la profession. Il faut se battre pour ses sujets. « Je me suis spécialisé dans les réseaux islamistes. C’est une bataille de tous les jours avec les chaînes, qui ne veulent pas se mettre des communautés à dos », explique-t-il agitant les bras comme pour convaincre son auditoire. « Une auto-censure s’installe dans les rédactions. On s’interdit de traiter certaines informations. ».

Une chose inconcevable pour Mohamed Sifaoui. Vu la liberté de ton et de parole du personnage, qui exècre toute forme de conformisme. Mais cela dérange et suscite des critiques. Mohamed Sifaoui « revendique le fait d’être un journaliste controversé ». Il avoue « assumer la subjectivité » de certaines de ses enquêtes, notamment sur les réseaux islamistes. « Dans mon enquête, je défie quiconque de dire que ce qui est dit est faux. Mais c’est vrai, il y a une part de subjectivité. Je le revendique, car je déteste l’islamisme et le terrorisme. Je veux les dénoncer. » Aller à contre-courant. Repousser les limites. Et assumer. Telle est l’investigation selon Mohamed Sifaoui.

January 4, 2008

Une petite note d’humour pour 2008!

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Cliquez sur ce vieux dessin de presse retrouvé dans mes tiroirs pour voir ce qu’il cache…

December 26, 2007

Les 35 heures en danger

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« Travailler plus pour gagner plus ». Le slogan de campagne devient réalité. Nicolas Sarkozy a dévoilé cette semaine son plan pour améliorer le pouvoir d’achat des Français. « Pour donner du pouvoir d’achat, il faut réhabiliter le travail ». En s‘affranchissant des 35 heures.

Nicolas Sarkozy a annoncé vouloir donner aux entreprises la possibilité de s’exonérer des 35 heures en échange d’une augmentation des salaires. Mais uniquement en cas d’accord majoritaire dans l’entreprise. L’absence de négociation entraînerait des sanctions: les entreprises pourraient de pas bénéficier des allègements de charge (environ 20 milliards d’euros au total). L’autre mesure phare menaçant les 35 heures est la « monétisation » des RTT. Un salarié pourrait, avec l’accord du chef d’entreprise, transformer ses RTT en rémunérations.

Mais des voix s’élèvent contre ces mesures, jugées inefficaces. Jean-Marc Ayrault, président du groupe PS à l’Assemblée, note que « le déshabillage des 35 heures ne va pas habiller comme par miracle la feuille de paie ». Pour François Hollande, elles annoncent « la fin de la durée légale du travail en France ».

Nicolas Sarkozy se défend pourtant de vouloir démanteler les 35 heures. « La question n’est pas de supprimer les 35 heures ni de revenir sur un acquis social, mais de permettre de travailler plus », affirme-t-il. Pourtant, les 35 heures sont sur la sellette. Les mesures annoncées incitent les Français et les entreprises à ne plus les respecter. Les Français, soucieux de leur pouvoir d’achat, n’hésiteront pas longtemps. Pour gagner plus, ils souhaiteront travailler plus.

Afin de prouver l’efficacité des mesures du Président, le gouvernement veut aller vite. Il est indispensable de « se débarasser du boulet des 35 heures », selon Jean-François Copé, le président du groupe UMP à l’Assemblée. Le plus rapidement possible. Le projet de loi « pour le pouvoir d’achat » sera applicable dès le début de l’année 2008.

S’étant autoproclamé « Président du pouvoir d’achat », Nicolas Sarkozy devra tenir ses promesses pour garder la confiance des Français.

« Distribuer des tracts permet d’engager le dialogue avec les électeurs »

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Mouillé. Sous la pluie, Djamel distribue des tracts aux passants, en marge de la Grande parade climatique organisée à l’occasion de la journée mondiale du climat. Entouré de manifestants et de pancartes « Agissons pour le climat », Djamel, 30 ans, éducateur, tend des tracts sur lesquels on peut lire le slogan « Elections municipales 2008. Paris a besoin des Verts ». Aujourd’hui, la distribution des tracts ne marche pas fort. « Avec la pluie, les gens ne les prennent pas. Ils sont pressés. En plus, comme il fait froid, les gens ont les mains dans les poches, alors c’est difficile de leur donner des tracts! ».

Au sein du cortège, on peut apercevoir Denis Baupin, un casque de chantier vert fluo sur la tête orné d’un autocollant « L’écologie Les Verts ». Actuellement Maire-Adjoint de Paris chargé des Transports, il a été désigné chef de file des Verts à Paris pour les municipales 2008. Yves Contassot, Maire-Adjoint de Paris chargé de l’environnement et candidat Vert dans le XIIIe arrondissement, l’accompagne.

En marge du défilé, Djamel continue sa distribution. Il est loin d’être un novice en la matière. « Je distribue des tracts depuis trois ans, depuis que je suis adhérent ». Après avoir milité plusieurs années au sein d’une association à Lyon, les Verts sont sa première expérience en politique. « C’était le seul parti qui me correspondait politiquement. J’ai pris conscience de l’importance d’une politique environnementale. »

Pour ce militant engagé, la distribution de tracts joue un rôle important dans la campagne électorale. « Ce qui est bien quand on distribue des tracts, c’est qu’il y a un dialogue qui s’engage avec les électeurs. Des gens posent des questions et on discute ». En politique, le contact avec les électeurs sur le terrain reste le meilleur moyen de convaincre.

November 21, 2007

Petit micro-trottoir sur la grève!

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