Toute ressemblance avec le post précédent est fortuite.
Il n’empêche que maintenant les images du directeur de l’IEP de Grenoble frappant un étudiant-bloqueur avec une poubelle ont fait le tour de France. Qu’elles provoquent l’hilarité ou l’indignation, ces images resteront comme l’un des moments forts de la contestation estudiantine millésime 2007.
Une fois l’émotion passée, il s’agit de s’intéresser au geste en lui-même. Pourquoi ? Pourquoi le recours à la violence ? Pourquoi cette situation d’un homme défendant orgueilleusement son “château” ? Pour mieux comprendre, voici la vidéo produite par Pigémag.com (le support média de l’IEP) :
La video semble avoir été retirée de la circulation. On interprêtera cela comme on veut. Voici néanmoins la modeste analyse que j’ai pu tirer des propos d’Olivier Ihl.
Tout d’abord, la motivation du geste : j’étais seul, ils étaient cinquante et menaçants, j’ai voulu montrer ma détermination pour les faire fuir. La fameuse technique du stratège Sun Tze : montrer sa force pour faire fuir l’assaillant et éviter l’affrontement. Problème : Sun Tze précise que ça ne marche que si l’on est réellement plus fort que l’adversaire.
Ensuite, la raison de cette situation scabreuse : il était tôt, je voulais protéger mon personnel face aux bloqueurs qui fomentaient leur coup depuis la veille. Le brave capitaine se sacrifie pour sauver son équipage (dont le fameux “Juju”). Problème : Olivier Ihl le dit lui-même, ”moi je suis un enseignant, pas policier. Mon boulot, ce n’est pas d’aller faire respecter l’ordre public.” Alors, quelle romantisme, quelle exaltation a poussé ce brave prof à venir montrer ses muscles alors qu’il savait qu’un blocage était en préparation ?
Le bilan matériel du geste : je n’ai blessé personne, je me suis au contraire luxé le petit doigt et ce geste m’a sauvé la vie. Olivier Ihl a donc su raison gardée et, malgré sa peur et l’agression dont il se dit victime, il a su contrôler ses gestes. Problème : même si personne n’a été blessé (dans le doute, on peut le croire) le directeur avoue (étrangement) que “s’il y avait eu une personne blessée au visage, elle était morte sur le coup.” Ca n’avait donc rien à voir avec une “altércation théâtrale” comme il tente de convaincre. D’ailleurs, il dit avoir sauvé sa vie (même si les images ne donnent pas cette impression de vie en danger).
Enfin, le bilan médiatique : les images de France 3 sont partielles et partiales et certains cherchent ma démission. Le directeur de l’IEP serait donc victime (comme tant d’autres) de la cruauté des médias et d’un mystérieux complot (”une chasse à l’homme”). Là, c’est un étonnement, voire une déception pour toute personne ayant lu Olivier Ihl. Comment une personne connaissant si bien les rouages des rumeurs, des symboles, des images, a-t-elle pu se faire prendre si facilement ? Mr Ihl semble créer son propre sujet d’étude. Pour ce qui est du complot, nous ne dirons même pas à quoi cela renvoie.
En bref, il semble bien qu’Oliver Ihl ait commis un formidable impair et lui-même doit avoir du mal à se l’expliquer (cf. ses contradictions au-dessus). Il ne faut certes pas en faire tout un plat, mais il ne faut pas non plus que la provocation et la loi du talion devienne une méthode acceptable pour les responsables quels qu’ils soient (je ne vise personne…)
Vous avez certainement tous entendu de la sortie cette semaine du dernier film de Gus Van Sant. Pour mémoire, le Gus en question réalisa il y a quatre ans Elephant, évoquant avec une esthétique bien différente de celle de Michael Moore la fusillade du lycée Columbine. On y voyait une évocation picturale de la sociologie de la jeunesse américaine névrosée. Et on se disait que les ricains feraient bien de réfléchir à leur politique de vente libre d’armes, sans pour autant avoir un éléphant barbu (sorry Michael) nous le démontrant par A plus B. En gros, c’était un chouette film !
Du coup, comment ne pas être exigent avec le réalisateur pour ce nouveau film ?! Et là, problème, le réalisateur prend les mêmes recettes et recommence. Mêmes scènes de longues traversées de couloirs de lycée au ralenti, avec les cheveux du jeune personnage principal se promenant de gauche à droite. On retrouve aussi la technique des séquences anachroniques : de temps à autres, le réalisateur inclue des scènes qui nous projettent dans l’avenir sans que l’on connaisse le sens de ces scènes (pas de contexte, pas de sens). Last but not least, les deux personnages principaux portent le même prénom : Alex.
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