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Pourquoi les Jeux Paralympiques sont-ils “moins intéressants” ?

©popejon2

Moins spectaculaire, trop compliqué, budget restreint… Alors que le handisport est de plus en plus médiatisé, l’intérêt qu’on lui porte demeure marginal. Exemple avec les Jeux Paralympiques à Sotchi. Quelles sont les raisons objectives de cet engouement moindre de la part des médias, du public et du milieu sportif ?

Les médias

Au moment des Jeux Olympiques, un titre était consacré à la compétition chaque jour au 20 heures de TF1. Mais sur les quatre premiers jours de compétition paralympique, TF1 n’a fait qu’une annonce, celle des deux médailles d’or françaises. Gilles Bouleau en profite pour lancer un sujet sur les stations de ski qui accueillent des personnes handicapées. C’est la seule mention du handisport sur TF1.

Graphique médiatisation

Contrairement à TF1, France 2 a évoqué la cérémonie d’ouverture des paralympiques dans son journal télévisé de 20 heures. La chaîne publique a également présenté le portrait de deux athlètes engagés dans la compétition. Néanmoins, le temps consacré aux Jeux Paralympiques est quatre fois inférieur à celui dédié aux JO. À noter que France Télévisions retransmet les deux compétitions. “France Télévision a une obligation de service public, analyse Jean François Diana, chercheur à l’Université de Lorraine et expert des dispositifs médiatiques du sport. La diffusion des Jeux paralympiques, c’est un peu comme les documentaires et les films d’auteur”. L’engouement de France TV pour les Jeux Paralympiques relève plus d’une obligation éditoriale que d’une demande du public.

 

Le public

Si l’intérêt du public pour les Jeux Paralympiques augmente peu à peu, il reste très faible comparé à la passion pour les Jeux Olympiques. Les audiences de France Télévisions sont parlantes : la cérémonie d’ouverture des JO de Sotchi a attiré 5,5 millions de téléspectateurs sur France 2, soit 35,1% des parts d’audience, contre 3,5% pour les Jeux Paralympiques sur France 4, soit seulement 410 000 personnes.

Xavier Bachimont, porte-parole de Sotchi France Paralympique, voit le verre à moitié plein : “Normalement, les audiences de France 4 tournent autour de 1,4% de part de marché. “ Depuis le début des épreuves paralmypiques, les parts d’audience oscillent entre 6% et 7%.

“Meilleure qualité de spectacle, meilleure performance…” Les arguments de Xavier Bachimont peinent à attirer le grand public. Cette tendance s’observait déjà lors des Jeux Olympiques de Londres durant l’été 2012. À en croire les statistiques de Google sur les recherches en français, les mots « Jeux Olympiques » ont été recherchés quatorze fois plus que « Jeux Paralympiques ». Les médias en ligne ont également remarqué ce phénomène. Chef du service des sports 20Minutes.fr, Antoine Maes a remarqué lors des JO de Londres que les articles sur les Paralympiques étaient bien moins consultés que les autres et s’est fendu d’un tweet sur le sujet.

 

Difficile de connaître les raisons exactes de cette tendance. Plusieurs sont avancées, dont la complexité des Jeux Paralympiques pour le grand public, les sportifs étant répartis selon les disciplines, mais également selon leur handicap. “Le sport, c’est « Plus haut, plus vite, plus fort ».” Selon Jean François Diana, “un handicapé, parce qu’il est diminué, ne peut pas remplir ce contrat. Donc, en ce sens, le handicap n’a pas sa place dans le sport. Il n’a aucun intérêt spectaculaire.” Pas si sûr…


Les Jeux Paralympiques ont aussi leur lot de chutes spectaculaires
Le handicap à Sotchi en chiffres

Le handicap aux JO en chiffres. Cliquez pour en savoir plu

 

Des sportifs moins nombreux

 

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Numériquement, il y a une évidence à s’intéresser moins aux Jeux Olympiques qu’aux Jeux Paralympiques, qui rassemblent beaucoup moins d’athlètes. Pour en savoir plus, cliquez sur l’infographie ci-contre.

 



Vie privée sur Internet : je t’aime, moi non plus

“La vie privée peut être considérée comme une anomalie”, affirme Vint Cerf, un ingénieur américain considéré comme l’un des pères fondateurs d’Internet et engagé par Google en 2005 en tant que Chef évangéliste d’Internet (!). Si une telle déclaration peut susciter polémiques et débats, la question n’en est pas moins pertinente. Protéger sa vie privée est-elle possible sur Internet ? Si des fuites de données personnelles peuvent venir des sites et des réseaux sociaux, force est de constater que la fuite peut venir… des utilisateurs eux-mêmes.  Dans le même temps, l’on remarque la création de réseaux sociaux ultra privés, qui permettent de nous connecter avec nos vrais amis uniquement. 

Depuis le fameux bug Facebook de 2012, qui a rendu publics des messages privés, certains utilisateurs ne font plus du tout confiance au géant américain. Depuis, des dizaines de “réseaux sociaux privés” ont vu le jour sur la toile. Leur particularité ? Ne permettre qu’aux membres autorisés du réseau d’accéder à ce que vous souhaitez partager. Facebook permet en principe de faire exactement la même chose mais les règles de confidentialité opaques et le manque de confiance des utilisateurs ont vite fait de lui un réseau duquel on se méfie. Et les “cercles” de Google+, qui promettent une séparation entre ce que vous voulez partager avec vos amis et le contenu destiné à vos collègues, n’ont pas non plus la côte en ce qui concerne le respect de la vie privée.

Votre vie privé ne nous intéresse pas

Il existe plusieurs sortes de “réseaux sociaux privés”, ceux destinés aux entreprises pour créer un espace de collaboration entre les salariés, et ceux destinés à échanger des éléments concernant la vie privée (au sein de la famille ou d’un groupe d’amis). Famicity promet par exemple à ses utilisateurs que “contrairement à la plupart des réseaux sociaux existants, Familicity s’engage auprès de leurs utilisateurs à travers une charte de confidentialité unique, très stricte et enregistrée auprès d’un huissier.”

 

Famicity insiste, l’objectif premier: respecter votre vie privée.

Ces sites communiquent également sur le fait qu’aucun contenu concernant un utilisateur ne pourra être référencé sur google, ni vendu à une quelconque firme avide d’informations concernant  vos habitudes de consommation, par exemple.

Yaaka, en a fait son cheval de bataille. De nombreux utilisateurs ont délaissé Facebook ou ouvert un nouveau compte privé, sur ce réseau qui insiste sur le fait qu’il “ a été créé selon le respect de la confidentialité de vos données personnelles conformément à la loi Informatique et Libertés du 6 janvier 1978 modifiée par la loi du 6 août 2004.”

 

Yaaka promet de protéger vos informations personnelles

 

Quand les utilisateurs sont à l’origine des fuites

Snapchat, c’est l’application du moment. Populaire chez les jeunes, elle a fait parler d’elle récemment pour avoir refusé l’offre de rachat de trois milliards de Facebook et pour avoir débauché Emily White, la directrice des opérations d’Instagram, autre application de partage de photos et vidéos en vogue. Le concept : envoyer des photos et des vidéos à ses amis qui s’auto-détruiront après une durée que l’expéditeur aura fixée (entre une et dix secondes). Un moyen d’envoyer des photos… indiscrètes en toute sécurité ? Pas si sûr. L’application permet au destinataire de la photo de faire une capture d’écran (après quoi l’expéditeur recevra une notification de screenshot). Mais le concept devait être une manière d’échanger des photos entre amis, et donc dans un cercle privé bien défini, n’est plus. Des applications comme Snap Save ont fleuri et permettent au destinataire de visionner autant de fois que possible et d’enregistrer les photos à l’insu de son expéditeur. Pire encore, un peu partout en France, des lycéens ont créé des pages Facebook par ville ou par établissement scolaire pour partager tous les fichiers envoyés.

 

 

Tinder est l’autre appli qui prend de plus en plus d’ampleur. Pendant hétérosexuel de Grindr, Tinder est un site de rencontres, uniquement disponible sur smartphone, basé sur nos goûts affichés sur Facebook et la géolocalisation. Créé en octobre 2012, Tinder peut se targuer d’afficher un taux exceptionnel de profils féminins (45%) pour un site de rencontres. Là aussi, les dérives commencent à fleurir. De nombreux blogs Tumblr ont été créés, rendant publiques des photos et des informations qui circulaient dans un circuit fermé. Ceux-ci ont des buts multiples,  que ce soit pour répertorier les plus jolies Françaises ou pour tourner en dérision les gros lourds, le tout à leur insu.

 

Tristan Brossat et Jessica Huynh



Les tatouages en couleurs effacés par l’Etat ?

En marge du dernier Mondial du Tatouage organisé en mars 2013, l’Etat a publié un arrêté régissant le contenu des encres utilisés par les tatoueurs. Selon des études, certains pigments utilisés dans la fabrication des couleurs seraient cancérigènes ou toxiques. Les tatoueurs, eux, attendent des preuves et s’insurgent car si la loi s’applique au 1er janvier 2014, ils ne pourront plus utiliser que les couleurs suivantes : noir, gris, bleu, vert et blanc.

Les tatouages multicolores sont à la mode, mais un arrêté de l’Etat menace l’utilisation de 80 % des encres de couleurs en France. (Crédit Photo : froblog.mine.nu)

C’est pile-poil le moment pour ne pas l’interdire !” s’indigne Lenn, tatoueur à Paris. Les tatouages en couleurs sont en plein boom : “ça se développe beaucoup parce que les techniques s’améliorent“, poursuit le professionnel qui reconnait qu’il y a encore quelques années, “les gens avaient une images vulgaires des tatouages en couleurs, qui faisaient aussi plus enfantins. Et puis les couleurs n’étaient pas aussi belles et durables qu’aujourd’hui“.

Des tatoueurs de plus en plus perfectionnés

C’est exactement ce que s’est dit Amandine avant de faire son tatouage, il y a dix ans. “J’avais regardé plusieurs dessins mais dès le départ j’ai choisi la couleur. Le tatouage était beaucoup plus beau en qu’en monochrome“. La seule chose qui l’a fait hésiter, c’est le prix un peu plus élevé, mais aujourd’hui, elle ne regrette pas. A cette époque, les tatouages en couleur “n’étaient pas aussi courants que maintenant“.

tatouage Horus

Amandine s’est tatoué un Oeil d’Horus en haut du dos. Un dessins “plus beau en couleur que monochrome”.

C’est normal!“, explique Grenouille, secrétaire du syndicat national des artistes tatoueurs (SNAT). “L’activité a explosé ces dernières années, de plus en plus de tatoueurs sortent des Beaux-arts et les apprentis assimilent plus vite et mieux les techniques rodées des anciens“. Une artiste comme Amanda Wachob a inspiré les tatouages de Paul. “Son travail est basé sur du mimétisme d’aquarelles, de tâches de peintures, d’encres, donc forcément la couleur est de mise pour ce genre de motif“, explique le tatoué qui a commencé à se couvrir la peau de dessins à 16 ans.

Paul s’est inspiré de l’art d’Amanda Wachob pour ses tatouages.

Les stars en exemple

De plus en plus de jeunes se font tatouer. “Ils ont besoin de trouver des repères, de décider de leur corps, comme un besoin d’autonomie“, justifie Yo, tatoueur. Ils sont aussi inspirés par les vedettes, notamment chanteurs et acteurs, qui hésitent de moins en moins à colorer leur peau, et à exhiber leurs œuvres d’art sur les réseaux sociaux. Si les hommes restent le plus souvent soft avec des tatouages monochromes, les filles n’hésitent plus à utiliser toute la palette. Les bras de Coeur de Pirates et Alizée, le buste du couturier Marc Jacobs en sont les parfaits exemples.

Alizee Tatouages

La chanteuse Alizée s’est tatoué les idoles de sa jeunesse sur le corps. Sailor Moon et la Petite Sirène sur le bras droit, la fée Clochette dans le dos. (Crédit Photo : moielle.com)

Le couturier Marc Jacobs arbore de nombreuses étoiles colorées.

Tout comme Alizée, Coeur de Pirate a des tatouages représentant les héros des dessins animés de son enfance. (Crédit Photo : people.plurielles.fr)

 

Vers un retour du tatouage sauvage ?

En plein boom des tatouages colorés, Lenn, le tatoueur cité au début de l’article, parle d’acharnement de l’Etat vis-à-vis de sa profession. “Nous avons un stage d’hygiène obligatoire, nous respectons d’importantes précautions lors des tatouages, ce qui est normal, et la dernière modification de loi date d’il y a trois ans. C’est bon ! En France, personne ne meurt à cause d’un tatouage, personne ne se fait couper un bras pour un tatouage infecté”. 

Le tatoueur a peur que cette interdiction ramène l’illégalité dans la profession : “soit les tatoueurs partiront à l’étranger, soit on retournera à des tatouages clandestins dans les appartements. Ce serait dommage de revenir en arrière après tous les progrès fait depuis vingt ans“. Les tatoueurs et les tatoués ont lancé une pétition en ligne. Le sénateur-maire de Saint-Flour, Pierre Jarlier a pris le parti des tatoueurs. Il remontera la pétition devant les élus dans le but d’une abrogation de l’arrêté avant le 1er janvier.

Boris Letondeur

Posted by on novembre 26, 2013 at 1:50  and tagged  | Comments & Trackbacks (0) | Permalink