Entretien avec Jean-Marc Ayrault, président du groupe PS à l’Assemblée Nationale

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« Appuyons nous sur l’expérience souvent innovante et moderne de la gestion locale pour préparer un projet complet et cohérent à l’échelle nationale. » Jean-Marc Ayrault

 Jean-Marc Ayrault, le 11 décembre 2007 à l'Assemblée Nationale

Pensez-vous que le PS puisse rebondir à l’occasion de ces municipales ? 

Je l’espère, bien évidemment. Mais je pense qu’il ne faut surtout pas oublier que les municipales sont des élections locales et qu’il faut d’abord proposer un projet de proximité aux citoyens de chaque commune de France. 

Donc pour vous ces élections n’ont pas valeur de test national ? 

Il y a forcément une dimension nationale. Comme dans toute élection, on mesure l’évolution des positions politiques de chaque grande formation. C’est l’occasion de dresser le bilan d’une activité politique. Nicolas Sarkozy a d’ailleurs bien compris que ces élections se passent dans un contexte particulier, huit mois après sa prise de fonction, à la fin de son état de grâce et devant des difficultés économiques et sociales très importantes. Il a d’abord voulu en faire un test pour sa propre popularité mais il a très vite réalisé, notamment au travers des réactions de ses partisans que ça ne marchait pas. Il s’est donc mis en retrait. Il craint ce rendez-vous électoral comme un couperet politique. Si les citoyens ont quelque chose à dire ils peuvent se servir de ce rendez-vous électoral et ils le feront. Mais pour être crédible auprès des français, les équipes socialistes doivent être capables de porter un projet local pour améliorer la vie des gens tout en rappelant que la gauche a les capacités de les protéger au niveau national des mesures injustes du gouvernement. Je pense que la gauche quand elle dirige une ville ou une commune n’a pas à rougir de son bilan. On parle d’ailleurs souvent de la réussite du socialisme municipal.  

Justement, assurer la réussite du parti socialiste au niveau local, est-ce une manière de rester présent sur l’échiquier politique pour préparer l’échéance nationale de 2012 ? 

Bien sur, mais une victoire aux élections locales ne suffira pas à préparer ce rendez-vous national. Une rénovation du parti socialiste est nécessaire.  Il faut que les dirigeants socialistes se montrent exemplaires dans leur comportement et soient capables de formuler des propositions innovantes. Je me souviens qu’en 2004 au moment des élections régionales, le succès a été total pour la gauche. Certains se sont alors dit il n’y avait plus rien a faire. Ce fut une erreur, les français sont exigeants avec la gauche et ils ont raison. Appuyons nous sur l’expérience souvent innovante et moderne de la gestion locale pour préparer un projet complet et cohérent à l’échelle nationale.  

Vous pensez que le PS va réussir à apprendre de ses erreurs ? 

En tout cas je le souhaite et pour ma part je ne manquerais pas de les rappeler à la mémoire des responsables du parti.

 Le succès du PS au premier tour des élections législatives anticipées est-il un signal fort ?

 Nous attendons le second tour mais les électeurs ont manifestement adressé un message de mécontentement au pouvoir en place. Il y a un désenchantement chez les français, suite à des promesses non tenues et une croissance en panne. Quand on entend chaque semaine à l’Assemblée Nationale, Christine Lagarde dire que tout va bien, il ne faut pas s’étonner que certains entonnent la chanson « tout va très bien Madame la Marquise ». Nicolas Sarkozy a été élu sur un programme volontariste, « je vais aller chercher la croissance avec les dents », mais les citoyens attendent toujours que du positif se dégage de son action.  

Est-ce que vous validez la stratégie d’alliance avec le MODEM dans certaines villes ?

C’est très différent de villes en ville. Les représentants de certaines listes du MODEM sont parfois en rupture de longue date avec l’UMP. A Dijon par exemple, ils se sont rapprochés du maire de gauche qui a un très bon bilan. Mais à Bordeaux, ils font alliance avec l’UMP. Moi ce qui m’importe c’est la clarté. Si le MODEM, adhère au projet présenté par une liste socialiste et se situe clairement dans l’opposition a Nicolas Sarkozy, il faut regarder avec intérêt cette évolution.

 Et plus personnellement comment vous positionnez-vous face au Modem à Nantes ? 

A Nantes, j’ai en face de moi une liste UMP et une liste MODEM. Mais les deux têtes de liste sont issues de mon opposition municipale depuis sept ans. Politiquement, la situation est donc tout à fait claire. Moi je pars avec mon rassemblement qui va du centre jusqu’aux alternatifs, en passant par les socialistes, les communistes, les radicaux, les verts et des personnalités sans étiquettes. Les électeurs seront en mars face à un choix clair.   

De l’art de manier la langue de bois

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Vincent Le Baron, DRH du pôle info de TF1, et Pascal Hénon, rédacteur en chef de LCI.fr sont venus présenter la rédaction de leur site web, lors d’une conférence donnée à l’Institut Pratique de Journalisme (IPJ) mercredi dernier. Mais le sujet qui brûlait toutes les lèvres était tout autre. Les questions des étudiants ont porté sur la publication de « Madame, monsieur, bonsoir », un livre polémique qui décrit l’envers du décor de TF1. Les réponses sont restées vagues. 

 

 « Qui l’a écrit ? Toutes les thèses circulent mais on ne le saura peut-être jamais » répond Vincent Baron à un étudiant de l’IPJ qui l’interpelle. « Il se peut que les auteurs ne fassent même pas partie de la rédaction », ajoute-t-il visiblement pressé d’en finir. Après la publication d’un ouvrage anonyme attribué à cinq journalistes de TF1, la tension est montée d’un cran au sein de la chaîne. Les apprentis journalistes veulent en savoir plus sur la manière dont les révélations du livre sont vécues en interne, mais les  deux intervenants du jour ne sont visiblement pas autorisés à s’exprimer sur le sujet. Le livre: « une fabrication journalistique ». Et la polémique: « un électrochoc comme il y a eu d’autres auparavant ». C’est l’opinion de Vincent Le Baron. Dans l’amphithéâtre les questions se succèdent toujours plus perçantes. Le DRH du pôle info de TF1 sort enfin du discours formaté auquel il se cantonne depuis le début de la conférence, pour décrire une rédaction divisée : « il y a des gens qui se sentent proches des auteurs du livre, d’autres qui sont choqués ou dégoûtés. Mais il faut vraiment relativiser le contenu du bouquin, s’il y avait une atmosphère aussi invivable chez TF1, pourquoi 300 personnes accepteraient d’y bosser quotidiennement? ». L’argent peut-être. Une prise de position contestable mais qui a le mérite de sortir le journaliste de sa réserve.  « On a déjà fait l’objet de ce genre d’attaque, il faut avancer ». Ce sera le mot de la fin. Changement de sujet.

Mohamed Sifaoui : un journaliste engagé qui assume la controverse

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Invité jeudi à s’exprimer sur son métier de journaliste d’investigation devant les étudiants de l’Institut Pratique de Journalisme, Mohamed Sifaoui a dénoncé la « culture de connivence » qui s’installe dans notre société entre les pouvoirs publics et les médias. Face à ce qu’il considère comme une déviance du quatrième pouvoir, il a présenté sa conception de l’éthique journalistique.

 

« Il y a un climat en France qui fait que l’on accorde plus d’importance à la pérennité de son carnet d’adresse qu’au consommateur d’info » a déclaré Mohamed Sifaoui, devant un auditoire captivé. Ce journaliste d’investigation spécialisé dans l’intégrisme islamique, dont les méthodes ont récemment été mis en cause lors de la réalisation d’une enquête sur « les voyous asiatiques à Paris », a pris son parti des critiques dont il est la cible. « Je suis un journaliste controversé, et ça me plaît même si je ne suis pas masochiste. Je pense que le journaliste doit fournir une info honnête et  complète au citoyen, si mon père pouvait être l’objet d’une enquête journalistique, je la ferai ». A quelques reprises, le portable du conférencier d’un jour sonne, il s’en excuse aussitôt. Dans les rangs de l’amphithéâtre, un étudiant lance ironiquement « ah, il vous reste quand même quelques amis ». Sourire de l’intéressé. Adepte autoproclamé de la provocation,  le journaliste multiplie les anecdotes et répond aux étudiants sans se défiler face aux questions fâcheuses.  Prêt à tout pour « découvrir ce que d’aucuns chercheraient à cacher », Mohamed Sifaoui gère rigoureusement son implication : « j’arrête quand les limites du travail journalistique sont atteintes. Je n’irai jamais filmé l’attaque d’un groupe contre un autre, et si j’entendais au cours de mon enquête des rumeurs sur un projet d’attentat j’irai voir les flics sans hésiter ». S’appuyant sur une pensée structurée et une connaissance profonde de ses thèmes d’investigation, il refuse le rôle de porte-micro endossé par certains de ses confrères. « Aujourd’hui, il y a des pressions exercées sur les rédactions pour orienter le traitement de l’information. Si on ne se bat pas contre ce genre de comportement, ça veut dire qu’on renonce définitivement aux valeurs qui fondent les grandes démocraties ». Une heure et demi d’échange sans langue de bois. A la sortie de la conférence, les apprentis journalistes retiennent leur aîné. Comme à la fin d’un bon film, les mots résonnent quelques instants encore dans les esprits. Mohamed Sifaoui a fait entendre une voix discordante auprès d’étudiants généralement préparés à s’accommoder des errances actuelles de la presse plutôt qu’à les combattre. 

Enjeux municipaux dans le XXème à Paris: sortir des divisions

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Dans le XXéme arrondissement, le Parti Socialiste règne en maître depuis une douzaine d’années. Le candidat arborant le signe du poing à la rose est donc théoriquement le mieux placé pour l’emporter. Michel Charzat, député-maire socialiste de cet arrondissement depuis 1995, a été exclu du PS cet été. Il  avait mené une campagne dissidente, lors des élections législatives, face à la candidate choisie par le PS (sans vote des militants), Georges Pau Lanvin. C’est donc Frédérique Calandra, une figure féminine du PS local, qui a été placée en tête de liste pour les élections municipales de mars 2008. Dans la liste, aucun pro-Charzat ne subsiste.  Mais la base militante s’interroge toujours sur l’éventuelle épopée en solitaire de l’actuel maire, pour sauver son poste. A droite, des divisions éclatent également, puisqu’une liste UMP dissidente se présentera contre la liste UMP constituée. Un élément qui renforce les chances du PS de se maintenir à la tête de cette circonscription. En cas de victoire du parti socialiste, Verts et Communistes seront vraisemblablement intégrés à l’équipe municipale.

Malgré les dissensions internes, les militants PS s’organisent

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Bertrand Delanoë se déplaçait mercredi soir  dans le XXème  arrondissement de Paris, dans le cadre de la course aux municipales. Les militants PS du XXème étaient présents pour recevoir les intervenants, sympathisants et curieux à l’entrée du meeting

A l’entrée de « la Bellevilloise », bar populaire et branché du XXeme arrondissement de Paris, trois militants PS stationnent derrière un pupitre en bois. Ils sont chargés de distribuer des tracts qui affichent « Paris de toutes les forces de sa jeunesse avec Delanoë ».Tandis que des sympathisants anonymes se dirigent naturellement vers ce stand, les militants usent de tout leur charme pour créer une atmosphère intimiste : appeler les gens par leurs prénoms, multiplier les sourires et boutades, tout y passe. Frédéric Lababsa, militant PS depuis 1995, a intégré la cellule du XXème en 2004. Depuis, il consacre en moyenne quinze heures par semaine au parti, parfois plus dans des périodes de tractage intensif comme celui des municipales : « J’y consacre mes soirées, et les samedi et dimanche matin » confie-t-il sans sourciller. Le reste du temps, il est employé par le Ministère du Travail, au service des Ressources Humaines. Son engagement en politique et pour le PS est motivé par l’envie de « voir les plus précaires accéder à un confort de vie, inexistant aujourd’hui », sans « ambition à titre personnel ». « J’étais sur la liste PS dans le XXème, mais je me suis désisté en faveur d’un camarade qui me semblait mieux placé que moi pour prendre ces responsabilités », ajoute-t-il. Son quotidien sur le terrain, il le décrit comme assez paisible, dans un arrondissement traditionnellement ancré à gauche. Un confort qui n’affaiblit pas l’engagement des socialistes : ils sont une centaine à se relayer pour couvrir marchés et sorties de métro, sur les 1800 militants PS que compte le siège du XXème. Avec les militants d’autres bords, pas de tensions : « on échange, on discute, il n’y a pas d’animosité ». Autre personnage, autre réalité. Roger, 53 ans, trente ans de militantisme PS, interrompt son camarade pour nuancer ce discours. Son cocard à l’œil il le doit à des « militants de droite avec lesquels le débat a récemment dérapé ». Pour lui, se battre pour ses idées n’est pas qu’une expression.

Quand les patrons de presse prennent en otage les médias

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C’est la semaine des abus de pouvoirs dans les grands groupes de presse. Le Canard Enchainé a révélé mercredi la tentative du groupe Hersant de mettre son grain de sel dans la campagne pour les municipales à Nice. Le groupe Hersant, qui a racheté Nice-Matin en août dernier, aurait contraint le directeur de ce quotidien à publier un sondage favorable au ministre de l’Outre-Mer, Christian Estrosi. Ce dernier est opposé à Nice au sénateur-maire UMP Jacques Peyrat. Selon le Canard Enchainé ce sondage aurait été financé par Nice Matin et directement commandé par le groupe Hersant à la Sofres. Le journal satyrique ironise sur l’échange de bons procédés entre le groupe Hersant et  Christian Estrosi, notoirement liés par des intérêts économiques.

Du côté des médias américains et anglais c’est le magnat de la presse Rupert Murdoch, président du groupe News Corps, qui a reconnu imposer « son contrôle éditorial » sur les tabloïds qu’il possède. Des tabloïds come The Sun ou News of the World. Il a fait cet aveu dans le cadre d’une enquête parlementaire, ouverte par la Commission des médias de la Chambre des Lords britannique. Murdoch nie cependant toute intrusion dans la ligne éditoriale des journaux de référence tels que le Times ou encore le Wall Street Journal, racheté par son groupe l’été dernier. Le patron du deuxième groupe de presse mondiale s’est présenté à la Commission comme un « propriétaire traditionnel qui exerce un contrôle éditorial sur les grandes questions à traiter ». Des questions telles que « le parti à soutenir lors d’élections ou la ligne politique sur l’Europe ».

 Manipulation toujours. En Italie, ce sont les révélations du quotidien la Republicca qui provoquent le scandale. Alors qu’il était au pouvoir entre 2001 et 2006, Silvio Berlusconi aurait placé des taupes dans l’audiovisuel public. Il dirigeait déjà, à cette époque, les 3 principales chaînes privées, via le groupe Mediaset. Les conseillers de Berlusconi, placés au sommet de la RAI, auraient influencé l’information en sa faveur. L’ex président du conseil a dénoncé des attaques de « hyènes et de chacals ». Pour Paolo Gentiloni, actuel Ministre de la Communication, ce scandale, « c’est la photo de l’Italie à l’époque de Berlusconi qui contrôlait à travers sa famille ou sa majorité politique l’ensemble de la télévision. » .Trois affaires qui relancent le débat sur l’indépendance des médias, et qui se font l’écho des soupçons portés sur les patrons de presse français comme Bouygues ou Lagardère pendant la campagne présidentielle du printemps dernier.

60 ans d’impuissance au Proche-Orient pour une Europe désunie

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Richard Lebeau, historien spécialiste du Proche-Orient a jugé mercredi soir  au cours d’une intervention devant les étudiants de l’Institut Pratique de Journalisme, que les 60 ans d’impuissance de l’Europe au Proche-Orient peuvent être imputés aux divergences qui perdurent en son sein.

La conférence d’Annapolis, qui réunissait les principaux protagonistes du conflit israélo-palestinien en début de semaine, « met en lumière l’absence de l’Europe », selon Richard Lebeau. Un déclin d’influence qui s’explique par des décennies de mésentente entre les « poids lourds » européens (France, Grande-Bretagne, Allemagne). « A partir des années 50, l’Angleterre n’a plus de pouvoir au Proche-Orient. En 1967, la France pousse l’Europe à adopter une politique pro-arabe, mais les Anglais qui n’ont plus rien à perdre s’alignent sur la politique américaine pro israélienne. L’Europe est dès lors désunie pour agir au Proche-Orient, deux lignes politiques s’affrontent, inconciliables » a précisé Richard Lebeau en guise d’introduction.

Pourtant, une déclaration signée à Venise les 12 et 13 juin 1980 par les membres de la Communauté Economique Européenne, alors au nombre de 15, devait servir de base à une politique commune au Proche-Orient. Cette déclaration reconnaît l’existence d’Israël et son droit à la sécurité, mais elle insiste parallèlement sur le droit des Palestiniens à s’organiser en état. Cette politique commune se basant sur la nécessité de voir cohabiter deux états est restée lettre morte. L’historien a pointé la complexité d’adopter cette ligne politique aujourd’hui, dans une Europe élargie à 27 membres, dont les nouveaux adhérents se montrent beaucoup plus atlantistes que les précédents.

« S’il n’y a pas de paix aujourd’hui au Proche-Orient, c’est notamment à cause de l’absence de l’Europe » a-t-il ajouté. Inexistante lors des accords de Camp-David en 1978, alors que les Etats-Unis s’imposent comme le parrain des négociations et que les soviétiques en sont exclus, l’Europe s’est montrée tout aussi transparente ces derniers jours à Annapolis, alors que 30 ans se sont écoulés. Richard Lebeau l’explique par le manque de crédit dont jouissent les états européens auprès des protagonistes du conflit israélo-arabe: « pour le moment, Israël ne veut pas entendre parler de l’Europe et les Palestiniens la considère comme un banquier et non comme un éventuel soutien militaire. Les Etats-Unis sont capables de se faire entendre militairement, ce n’est pas le cas de l’Europe. » Une différence qui selon ce spécialiste, « change totalement la donne ».

Kevin Rudd, 26ème premier ministre de l’Australie

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Le Labor Party a remporté les élections législatives qui se déroulaient samedi 24 novembre en Australie. Kevin Rudd, leader travailliste succède donc au très conservateur John Howard au poste de premier ministre, véritable chef de l’executif australien.

“Il est temps d’écrire une nouvelle page de l’histoire de notre nation” a déclaré Kevin Rudd à l’annonce de sa victoire. 53% des votes assurent au Labor la majorité au Parlement, et les moyens de mettre en oeuvre le programme défendu pendant la campagne. Parmi les premières mesures du nouveau gouvernement devraient figurer la ratification du protocole de Kyoto et le retrait progressif des troupes australiennes d’Irak.

Australie: Kevin Rudd muscle son discours

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On reprochait au principal challenger de John Howard, de rester inactif et consensuel. Sa stratégie semblait en effet être de gagner en s’appuyant uniquement sur le ras-le bol des australiens à l’égard du gouvernement en place. Mais la technique du moins j’en fais, moins je prends de risque, ne marche plus. 

Lundi, les membres de la coalition au pouvoir ont adressé à Kevin Rudd de vives critiques, l’accusant de n’avoir aucun programme concret et de reprendre à son compte certains projets d’Howard qu’il avait pourtant critiqués en début de campagne. Pour répondre à cette accusation, Kevin Rudd a récemment tenu des propos plus fermes et éclaircit les points obscurs de son programme politique, économique et social. Il a fait dans les domaines de l’éducation, de l’environnement et de l’engagement en Irak des propositions concrètes qui seraient selon ses estimations quatre fois moins coûteuses que celles présentées par Howard lundi dernier. Remise de fonds aux organisations de parents d’élèves, équipement en nouvelles technologies des écoles, ratification (fortement symbolique) du protocole de Kyoto, et développement des énergies renouvelables, tels ont été sujets sur lesquels le leader travailliste a insisté.

L’Australian s’étonne même, dans un article paru ce matin, des accents communistes du discours de Rudd : “Rudd even sounded like the young Bolshie he never was” . En effet, le leader travailliste n’a pas hésité a employer les termes “révolution” et “radical” pour définir son programme, même si ces termes concernaient les réformes éducatives plus que l’idée d’un renversement du régime en place.

Il ne faut pas minimiser l’impact du changement de ton des travaillistes, qui indique que le parti favori des sondages, se sent aujourd’hui assez bien placé dans la course pour les législatives, pour sortir de sa posture “beni-oui-oui”. Reste à espérer que les australiens se départiront de leur traditionnelle peur de l’inconnu, qui les pousse régulièrement à réélire une coalition conservatrice, pourtant fortement critiquée dans la sphère privée.

Australie: Les premiers votes annoncent une défaite des libéraux

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Les élections législatives prévues pour le 24 novembre ont débuté dans les zones les plus isolées d’Australie. C’est dans le hameau aborigène de Kybrook Farm, situé à 250 km au sud de Darwin, que les premiers votes se déroulent, deux semaines avant l’échéance nationale.

Selon les derniers sondages, le Labor Party est crédité de 53 à 55% d’intentions de vote contre 45 à 47 % pour les libéraux au pouvoir. Malgré ces signes avant-coureurs de défaite, le premier ministre Howard, 68 ans, déclare rester confiant à la veille d’une élection qui pourrait bien mettre un terme à son règne de 11 ans à la tête du gouvernement australien.

L’élection de son principal rival, le travailliste Kevin Rudd, agé de 50 ans seulement, rajeunirait la scène politique australienne. Elle pourrait entraîner un changement de cap en matière d’écologie et de politique internationale, même si une prise de distance trop marquée avec le traditionnel allié américain reste difficilement envisageable. 


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