Le point sur les cosmétiques biologiques
3 QUESTIONS A:
Josiane Fabre, laborantine aux laboratoires Florame.
Quels modes de production et ingrédients font la particularité des cosmétiques biologiques?
Les cosmétiques biologiques doivent contenir 95 % minimum d’ingrédients d’origine naturelle et 95 % minimum des ingrédients végétaux sont biologiques. Elles contiennent une base de crème, une base d’huiles essentielles et des eaux florales. La culture des plantes nécessaires est biologique, c’est-à-dire sans produits chimiques, pesticides, et herbicides de synthèse, et sans OGM. On obtient ensuite les huiles essentielles et les eaux florales –les hydrolats - par distillation à la vapeur d’eau à basse pression. Ainsi elles sont pures et naturelles, non mélangées ou reconstituées. Les produits finis ne contiennent pas de matière première issue de la pétrochimie, sont sans colorant ou parfum de synthèse. Ils sont garantis sans paraben.
Y a-t-il un label pour évaluer les cosmétiques biologiques?
Il y a différents logos indiqués sur les produits biologiques, qui doivent respecter un cahier des charges précis. Le logo de la charte Cosmébio est vérifié par le centre de contrôle Ecocert, qui est un organisme indépendant. Par exemple, nos huiles essentielles sont contrôlées une fois par trimestre. Nos produits sont aussi éthiques : le label Nature et Progrès représente le commerce équitable et le refus des tests sur les animaux.
Quels avantages des produits biologiques perçoivent vos clients?
Les consommateurs de cosmétiques bio sont avant tout soucieux de leur santé. Il y a de plus en plus d’adeptes des produits biologiques depuis qu’on entend parler dans la presse, à la télé, des méfaits de certains produits chimiques dans les cosmétiques. Il y a une peur du paraben dans les crèmes, des sels d’alumine dans les déodorants qui peuvent être cancérigènes. Les cosmétiques biologiques leur offrent de la sécurité. Les clients recherchent aussi le naturel, veulent se soigner naturellement par les huiles essentielles.
Le souci de l’environnement est moins important que pour l’alimentation, mais il existe. Par exemple, dans ce salon, les gens apportent leur propres cabas ou bien nous mettons à leur disposition des sacs recyclables.
Ambiance bio au rayon cosmétiques
« Je vais essayer cet eye-liner, et puis tenez, ce gloss rouge aussi. Tout est bien sans paraben?». Claudine, une coquette femme de 50 ans, se penche vers le miroir mis à disposition du stand Logona (Syl Cosmétiques), qui propose du maquillage biologique. A quelques mètres de là, dans la même allée, une démonstratrice d’Allo’Nature explique à une cliente attentive comment s’épiler à la cire naturelle. Elle en étale un peu sur sa main : «Vous la posez bien dans le sens du poil, et ensuite, vous tirez d’un coup sec dans le sens contraire ».
A l’espace « Bien-être » du salon Marjolaine, l’ambiance est chaleureuse, détendue malgré la foule. Baba-cool et branchée. Senteurs de plantes, d’huiles essentielles qui se diffusent, doux bruit d’eau qui s’échappe de petites fontaines : on est dépaysé.
Depuis 32 ans, ce salon accueille 500 exposants venus présenter leur produits biologiques en différents secteurs : l’alimentation, l’artisanat, le tourisme vert, et les cosmétiques biologiques. Des femmes de tous âges, mais aussi des hommes, se penchent vers les crèmes, les shampoings, les gels douche pleins de couleurs. Et demandent des conseils : « J’achète les produits après-rasage au Cèdre», explique Laurent, un jeune cadre. « Je me souviens que ma grand-mère utilisait beaucoup de produits naturels, comme l’argile. Je prends un peu soin de moi, et avec tout ce qu’on entend sur les produits qui favorisent le cancer maintenant, j’ai repris ses idées ! ».
La santé est en effet l’argument principal des adeptes des cosmétiques bio. Elise, une étudiante qui a initié au maquillage bio sa maman Claudine, qui l’accompagne, explique : «Au début, j’achetais plutôt des produits pour le corps, du gel douche, puis de plus en plus de maquillage, car ce sont des produits que l’on utilise tous les jours. On entend de plus en plus parler du danger dans les cosmétiques de l’aluminium, du paraben. Je n’ai pas envie d’être malade ! » Elle ajoute : « J’achète en général surtout du rouge à lèvres, parce qu’on le met près de la bouche et que l’on peut l’avaler. Cela dit, j’utilise aussi parfois du maquillage non bio, quand je suis à cours de stock, mais aussi parce que le maquillage bio est un peu plus cher, pour une étudiante ». Elise veut surtout souligner l’intérêt pour elle d’un tel salon : « J’aime bien tester de nouveau produits, de nouvelles marques. Les foires sont utiles parce que les boutiques de maquillage bio sont plutôt difficiles à trouver en ville. » De même que Florence : « Dans ces salons, l’ambiance est très conviviale, on discute des produits, on se donne des astuces, même sans se connaître ! ». D’autres sont venus pour les produits alimentaires, mais doutent de l’efficacité des cosmétiques naturelles. Ainsi Gabrielle et sa fille Floriane ont « l’impression que c’est moins efficace » : «pour nous, il n’y a pas de grande différence entre ces cosmétiques et les autres, mais on aime bien acheter des huiles essentielles pour le massage».
Les clients sont aussi présents avec le souci de l’environnement : nombreux sont ceux qui ont pris leur propre sac et cabas, comme l’avait conseillé le salon. Après les achats, rien de tel que les fauteuils vibrants qui diffusent de la musique pour se relaxer. Dans la chaleur des stands, les visiteurs se font masser les pieds par des expertes en réflexologie, le cuir chevelu par des fins doigts de métal. Une journée de shopping bien agréable.
Salon Marjolaine. Du 9 au 18 novembre 2007, de 10h30 à 19h. Parc Floral de Paris, 12ème .
Vers une révolution verte
Nicolas Sarkozy a annoncé aujourd’hui les mesures retenues du « Grenelle de l’environnement », après plus d’un mois de négociations. La réduction de 50% de l’usage des pesticides dans l’agriculture française est prévue, mais sans fixer de date pour cet objectif. Plusieurs principes avaient déjà été validés, comme la création d’une « écovignette », sorte de bonus-malus suivant la pollution engendrée par l’automobile, le développement du ferroutage et une écotaxe pour les poids-lourds. La réduction de 10 km/h de la vitesse sur les routes a cependant été écartée.
Pourtant, au-delà de ces mesures indispensables, certaines polémiques persistent. Sur le nucléaire ou les OGM. Ou bien sur les biocarburants.
Si Yann Arthus Bertrand, dans Le Figaro, affirme que l’Etat est indispensable pour coordonner l’effort de tous pour lutter contre le réchauffement climatique, une étude IFOP commandée par Goodplanet, France 2 et Dimanche Ouest France a mesuré « l’adhésion des Français » à des mesures écologiques telles que la consommation des produits biologiques produits localement, ou la récupération des eaux de pluie. D’ailleurs, les sites et blogs se multiplient pour donner des conseils pratiques afin de respecter au mieux l’environnement au quotidien: au bureau, pour l’achat des fournitures scolaires pour les enfants, à la maison.
Mais une des priorités des ménages -et de l’Etat- reste le bâtiment. D’après Le Figaro, Jean-Louis Borloo prévoit la rénovation des bâtiments pour abaisser leur seuil de consommation. 30 000 foyers français ont déjà adopté le chauffage à l’énergie solaire même si les entreprises restent frileuses… Parallèlement, des initiatives originales se développent. A Lyon, un mur végétal dépolluant va être installé sur les murs d’un des silos du centre d’échange Lyon Perrache. Il permettrait de filtrer 650 000 m² d’air par an. Plus extrême, en Californie, se construisent les superadobe, des maisons toutes rondes construites avec les matériaux disponibles sur place et permettant une économie d’énergie.
Les pays développés se préparent à faire de plus en plus d’efforts. Les habitants doivent changer rapidement leurs modes de vie pour éviter que les scientifiques n’aient besoin de mettre en place des solutions à grande échelle, en jouant aux apprentis sorciers, comme par exemple des grands panneaux réfléchissants envoyés dans l’espace, qui seraient très coûteux.
L’Opéra Garnier en images
L’entrée de l’Opéra Garnier
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Choses vues: le palais Garnier
L’opéra Garnier
A 10 heures, dans l’entrée de l’opéra Garnier. La porte en bois s’ouvre sans discontinuer, poussée par le flux des touristes qui veulent visiter le palais. Sous le regard impassible de Lulli, Rameau, Gluck ou Haendel, certains se dirigent directement vers le guichet. Ils vont s’ajouter aux quelque vingt personnes de la file d’attente. D’autres s’arrêtent d’abord longuement pour observer l’escalier majestueux qui conduit à la salle de spectacle.
Une femme, la quarantaine, arrive avec sa petite fille. Puis des couples plus âgés, et beaucoup de familles. Les parkas bleues ou rouges et les sacs à dos à motifs colorent la salle et contrastent avec son atmosphère tamisée. Les fines ampoules des lampadaires en fer forgé éclairent la décoration d’inspiration baroque. Des rires et des expressions de toutes les langues fusent avec enthousiasme. Sur les visages, l’émerveillement est perceptible.
L’afflux des curieux se fait plus important au fur et à mesure que s’approchent 11 heures. Sur le seuil, les flashes des appareils photo de nombreux asiatiques crépitent et illuminent le grand escalier. Après leur passage en caisse, les promeneurs défilent sur les dalles carrées rouges et vertes du sol en marbre, puis montent les marches. Certains prennent la pose sous l’inscription « AMPHITHEATRE – BAIGNOIRES – ORCHESTRE ». Leurs regards se font plus détaillés : les moulures, les matériaux, les ornements. Puis ils disparaissent de chaque côté de l’imposant escalier qui se sépare en deux.
Sur les affiches figurent Roméo et Juliette ou
la Traviata. On aimerait s’imaginer ici un soir d’opéra pour prolonger le rêve et la beauté du lieu.
Portrait TGV de Claire
Claire, sur la route de l’information politique
A dix ans, Claire avait déjà son futur métier en tête. Elle ferait de la politique. Empruntant discrètement à ses parents le programme des candidats aux présidentielles de1995, elle faisait semblant de comprendre tout ce qu’elle lisait, et donnait son avis sur les idées de ceux qui voulaient diriger le pays.
Quelques années plus tard, son rêve d’enfant toujours présent à l’esprit, elle préfère le journalisme « pour son honnêteté. En politique, il faut parfois faire des choses sans en être réellement convaincu ». Pas question donc pour Claire de s’engager dans un parti particulier, mais elle ne perd pas de vue le domaine politique : « le journalisme politique permet de commenter les idées sans pencher dans un camp ou dans un autre, avec objectivité » commente-t-elle. Consciente des difficultés inhérentes au journalisme politique, elle cite Philippe Ridet, journaliste au Monde qui a suivi Nicolas Sarkozy pendant la campagne présidentielle de 2007. A partager les moindres déplacements d’un homme politique, une certaine familiarité s’installe, dont il est difficile de se détacher pour écrire des articles où l’impartialité doit être la règle.
Elle voudra faire son métier «en touchant à tous les domaines ». Mais travailler à l’hebdomadaire Marianne lui ferait pleinement réaliser son rêve, car il offre une prise de position décalée et intéressante.
Seul obstacle à une carrière prometteuse de journaliste politique : son sens de l’orientation exécrable. « J’avais des problèmes à Boulogne-sur-Mer, ma ville natale, durant mes stages. Incapable de lire une carte. Mappy est devenu mon ami. Maintenant, avec le GPS, j’ai un espoir ! ».
