Tommy Smith, 64 ans, fait parti de ces légendes du sport dont les performences (médaille d’or sur 200 mètres) ont été éclipsées par un geste qui marqua l’histoire. Le 16 octobre 1968, il leva son poing ganté de noir dans le ciel de Mexico en compagnie de son compatriote américain John Carlos, après avoir remporté le titre olympique. Un geste politique alors que l’Amérique est en plein conflit sur les droits civiques. Cette image qui a fait le tour du monde, marquera toute une génération. Aujourd’hui professeur à l’université de Californie, il enseigne les relations entre sport et société. Quarante après Mexico, les Jeux olympiques de Pékin pourrait une nouvelle fois servir de tribune politique, mais cette fois «Tommie Smith sera assis bien sagement dans les tribunes (il fera le déplacement en Chine)», assure-t-il, laissant les athlètes s’exprimer sur la piste. De passage à Paris où deux établissements sportifs portent son nom (Saint-Ouen et La Courneuve), il nous a accordé une interview où la politique et le sport sont toujours intimement liés.

“La situation aux Etats-Unis n’a pas totalement changée. Ce que j’ai fait n’est qu’une petite goutte noyée dans 400 ans d’histoire”

40 ans après les Jeux Olympiques de Mexico, quel regard portez-vous sur votre geste?
Tommie Smith. Mon geste a eu un énorme impact sur la société américaine, plus que je ne pouvais l’imaginer. En remportant la course, j’avais touché à mon but après beaucoup d’années de travail et de sacrifices. Mais au moment de reçevoir ma médaille, c’était devenu une obligation pour moi de m’exprimer publiquement au nom de ceux qui ne pouvaient pas le faire. «Tommie Smith» a dressé son poing en l’air pour protester contre les discriminations aux Etats-Unis mais aussi pour le respect des Droits de l’homme dans le monde.
Votre action a-t-elle toujours un impact sur la société américaine?
Toutes les générations connaissent mon action, mais personne ne me reconnait dans la rue… La situation aux Etats-Unis n’a pas totalement changée. Ce que j’ai fait n’est qu’une petite goutte noyée dans 400 ans d’histoire.
Aujourd’hui, les discriminations raciales sont-elles toujours aussi présentes?
Globalement oui, même si c’est devenu un problème connu de tous et qui tente d’être résolu. Il existe des discriminations entre blanc et noir, entre personnes bien habillées et celles qui ne le sont pas. Les discriminations font parties de la nature et des comportements humains. Il existe toujours un problème avec la communauté noire en Amérique, surtout au niveau de l’éducation et de l’emploi. Quand un noir obtient un bon travail on se demande si c’est pour ses compétences ou pour sa couleur de peau.


“Barack Obama incarne le changement. Je suis derrière lui à 100%”

Le sport reste-t-il le seul moyen de reconnaissance pour un noir?
A mon époque, sur le campus de l’université, quand on faisait ma connaissance, la première question qu’on me demandait: quel sport fais-tu? On pensait que les noirs n’étaient admis à l’université que pour leur qualité sportive. C’était une sale mentalité et c’est toujours un petit peu le cas aujourd’hui.
Pensez-vous que la candidature de Barack Obama à la présidence des Etats-Unis pourrait amorcer un changement?
Barack Obama incarne le changement. Je suis derrière lui à 100%, parce qu’il porte l’espoir pas seulement pour les noirs mais pour toute l’Amérique, contrairement à John Mc Cain. Barack est le meilleur candidat.
Cette jeune génération continue-t-elle à porter votre message?
Ils le font depuis des années et ils continuent de le faire, même s’ils ne savent plus que je suis toujours en vie…
Pourtant, les sportifs ne s’impliquent plus beaucoup en politique?
C’est normal car à notre époque le sport n’était qu’une discipline de notre enseignement. Aujourd’hui, les grands sportifs sont devenus des businessman. Il apprennent seulement à gérer leur argent. Vous avez besoin d’une éducation pour avoir une implication politique et ce n’est pas le cas de tous.
Pensez-vous qu’il puisse y avoir un nouveau poing dressé en l’air dans notre monde moderne?
Barack Obama…(rires) même s’il ne lève pas son poing physiquement, il porte un message d’égalité. En plus c’est un trés bon basketteur. Aujourd’hui il faut être courageux pour sortir de son rôle de sportif. Un geste comme le mien ne pourrait pas être refait aujourd’hui car il serait vu comme une caricature, une plaisanterie.
Sport et politique font-ils toujours bon ménage?
Oui, bien sûr. Regardez les Jeux Olympiques en Chine, il y a un message politique derrière. Pékin veut montrer une image d’ouverture sur le monde, après avoir avoir affiché leur puissance économique. Cette compétition ouvre une nouvelle étape dans leur développement.
Que pensez-vous du parcours chaotique de la flamme à Paris?
C’est logique que la flamme soit prise pour cible. Elle représente un lieu d’expression pour ceux qui ne sont pas d’accord avec la politique chinoise. Les gens veulent l’atteindre car elle ne véhicule pas les même valeur que les leurs. C’est un moyen de se faire entendre, peut-être pas le meilleur. Mexico n’était pas le meilleur moyen pour s’exprimer mais pour moi c’était le seul.
La Chine mérite-t-elle d’acceuillir les Jeux?
J’ai toujours été opposé à la tenue des Jeux en Chine. Par contre je pense que c’est l’un des meilleurs endroits pour apporter son soutien à la lutte pour les Droits de l’homme. C’est un lieu symbolique pour les luttes futures en faveur des libertés.


“Un petit geste peut devenir énorme”

Etes-vous en faveur du badge «pour un monde meilleur» que pourrait porter la déléguation française aux Jeux?
Le badge, c’est une trés bonne idée. Certains athlètes portent les inscriptions «In God we trust» (En dieu nous croyons), pourquoi ne pas porter un badge «pour un monde meilleur», c’est un peu le même message.
Quels conseils pourriez-vous donner aux athlètes ?
Avant de faire n’importe quelle action, pensez que le monde entier vous regarde et que vous pourriez subir les retombées négatives de vos actes. Un petit geste peut devenir énorme. Regardez vous dans le mirroir et demandez-vous si vous êtes prêts pour faire des sacrifices.(Tommie Smith a été exclu à vie des Jeux Olympiques et s’est fait retirer sa médaille en 1968 après son geste sur le podium).
Les Jeux Olympiques portent-il toujours un message de paix?
Bien sûr. Quelle évènement dans le monde, à part l’ONU, rassemble des gens venus de tous les pays…les JO.

Propos recueillis par Adrien Nos

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Vous n’êtes pas un riche investisseur américain ou un oligarques russes, et vous rêvez d’acheter un club de football? Trois trentenaires français lance le projet de racheter un club professionel en réunissant plusieurs dizaines de milliers de passionnés de football. Leur site communautaire Cmonclubdefoot.fr propose à ses membres de prendre le contrôle d’un club et d’en devenir dirigeant associé moyennant une participation de 50 euros par ans. «Ils pourront choisir le club, le président, l’entraîneur, influer sur les transferts, participer au plan de rachat, accéder aux coulises du club, définir la politique sportive» explique Walid Benothman, l’un des trois fondateurs. Après la démocratie participative, bienvenue dans le football participatif.

Lancé il y a six mois , le concept vient d’être homologué par la Fédération Française de Football et l’Autorité des Marchés Financiers. Le plan de rachat est lancé, il devrait se conclure avant décembre prochain, pour former une équipe compétitive pour la saison 2009/2010. Six club de National et de CFA sont sur leurs tablettes (AS Cannes, Paris FC, Reims, FC Saint Lô, etc.). «Les négociations avancent avec un club parisien et le FC Saint Lô» confie le trio de jeunes entrepreneurs. Le trio annonce pouvoir injecter 2 millions d’euros dans un club. «L’objectif est de prendre en main un club à fort potentiel de développement pour le faire monter en Ligue 2, d’ici cinq ans, et de jouer en Ligue 1 en 2020» prévoit Romaric Lacôte.

Fan du FC Barcelone, les trois amis d’enfance originaire de Fontainebleau, s’inspire des supporters du club catalan qui élisent leur président et prenent par aux décisions du club. Avec Internet, Cmonclubdefoot.fr réinvente les socios du XXIe siècle.

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J-150. Sur la route de Pékin.

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A 29 ans, le nageur Simon Dufour se lance un dernier défi sur 200m dos (sa course de prédilection) : se qualifier pour une troisième fois consécutive aux Jeux Olympiques. Avec 11 titres de champions de France, sa réputation n’est plus à faire dans les bassins de l’Hexagone. Le nageur du Montpellier Agglomération natation UC, détenteur du record de France du 200m dos, espère maintenant briller au plus haut niveau mondial.

Cinquième des JO d’Athènes en 2004, il rêve de s’aligner en août prochain aux côtés des meilleurs spécialistes mondiaux à Pékin. S’il règne sur sa discipline depuis plus de 5 ans, cette année les places pour les Jeux vont être chères avec l’émergence d’une classe biberon qui pourrait le pousser vers la retraite plus tôt que prévu. Verdict au mois de mai prochain lors des championnats de France à Dunkerque. Simon Dufour en pleine période de préparation nous a livré ses doutes, ses espoirs et ses ambitions.

Dans un peu plus d’un mois vous allez nager aux championnats de France pour une qualification aux Jeux Olympiques de Pékin, quel est votre état d’esprit avant cette compétition ?
Les Championnats de France ce sera l’heure de vérité. Ce qui me fait douter c’est qu’à l’entraînement ça se passe très bien, mais en compétition je n’arrive pas à passer un cap. Est-ce que c’est mental ou est ce que c’est parce que je travaille différemment ? Je ne sais pas. A un moment donné ca va passer. J’attends le déclic.

Après votre participation aux Jeux Olympiques de Sydney en 2000 et à ceux d’Athènes en 2004, j’imagine qu’une non-qualification pour Pékin serait une déception ?
Bien sûr. Dés que je suis revenu d’Athènes, dans ma tête, je pensais déjà à Pékin. Depuis quatre ans je me prépare que pour ça. Cette année normalement j’ai ma place aux Jeux, tout le monde s’attend à ce que je sois qualifié, mais pour l’instant rien n’est fait.

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Vous êtes inquiet ?
Dans le sport on est toujours inquiet. C’est le syndrome du sportif. Pour Sydney (2000), ma qualification c’était une surprise. La deuxième fois (Athènes) c’était normal, un objectif clair et net. Cette année ma qualification est loin d’être assurée, mais la motivation est toujours là.


« Les Jeux c’est Disneyland »

La bataille va être rude face à la jeune garde de la natation française (Benjamin Stasiulis et Camille Lacourt) pour obtenir un ticket pour les JO ?
C’est bien. Cela fait 7 ans que je nage tout seul devant, gagner c’est devenu naturel pour moi. Maintenant j’aborde les compétitions d’une autre manière. Ce qui est frustrant c’est que les jeunes sont arrivés, ils ont progressés et je n’ai pas réussi à prendre le train en marche. Pendant les championnats de France de l’année dernière, ils étaient devant et je n’étais pas de la bagarre. J’aurais aimé pouvoir défendre réellement mon titre.

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Que représentent les JO pour un sportif comme vous ?
Les Jeux c’est Disneyland. Tu es dans un village avec toute la planète sportive, tu te balade, tu croise des stars. J’ai eu la chance de vivre ça et si j’espère avoir la chance de le vivre une nouvelle fois. Maintenant je vois plus l’évènement sportif natation.


«J’arrêterais après les Jeux»

Votre plus grand souvenir aux Jeux ?
L’entrée en finale à Sydney devant 17 000 personnes, pendant que tu nage même sous l’eau tu entends la foule qui t’encourage.

Un échec signifierait-il la fin de votre carrière ?
Pour l’instant je ne pense qu’aux Jeux, mais après j’ai envie de sortir du milieu de la natation. Cela fait 10 ans que je suis au plus haut niveau et que je mets la natation avant tout donc j’aimerais voir autre chose. Ce qui est sûr c’est que j’arrêterais après les Jeux.

Propos recueillis par Adrien Nos.

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Demain soir à 18 h, la Tunisie affronte l’Angola dan le dernier match du groupe D de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN). Il manque seulement un point aux Aigles de Carthage pour se qualifier pour les ¼ de finale. Roger Lemerre, l’entraîneur français de la sélection tunisienne, fait le point sur la rencontre de demain et revient sur le début de la compétition.

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Roger Lemerre, un match nul suffit à la Tunisie pour se qualifier pour les ¼ de finale. Quel discours allez-vous tenir à vos joueurs demain avant le match face à l’Angola?

On n’est jamais maître d’un résultat. La rencontre de demain, il faudra la jouer pour la gagner. Dés le début du match il va falloir éviter de trop reculer et de laisser l’Angola jouer prés de notre but. Après selon le résultat je ferais des changements tactiques.

Dans ce groupe D, on attendait plutôt le Sénégal (1 point) que l’Angola (4 points, 1victoire et un match nul). Peut-on parler d’équipe surprise du 1er tour ?

Non pas du tout. Depuis quelques années cette équipe enchaîne les bons résultats. L’année dernière, l’Angola était l’une des cinq équipes africaines à participer à la Coupe du monde en Allemagne. C’est une équipe que l’on connaît bien, avec des joueurs de talent. Certains d’entre eux jouent à Al Ahly (champion d’Egypte 2007), qui a été battu, cette année, en finale de la Coupe d’Afrique des clubs champions par l’Etoile du Sahel (champion de Tunisie 2007). Les joueurs se connaissent.

Avec vous une préférence pour l’adversaire à affronter en ¼ de finale, Egypte ou Cameroun (groupe C) ?

On va tout faire pour terminer premier de notre groupe, mais pour les quarts je n’ai pas de préférence. C’est une balance. D’un côté l’Egypte est une équipe que l’on connaît bien. Les Egyptiens ont un peu le même style de jeu que nous. De l’autre, le Cameroun, est une équipe qui possède un fort impact physique mais on pourra leur opposer notre vivacité et notre technique.

Quelles sont les équipes qui vous ont le plus impressionné depuis le début de la CAN ?

Le Ghana et la Côte d’Ivoire, comme tout le monde ici. Ces deux équipes possèdent un effectif de classe mondiale.

Quels objectifs vous avez fixé à votre équipe ?

L’objectif numéro un c’est les quarts de finale, après tout est possible. La Tunisie a sa place dans les 8 meilleures équipes d’Afrique.

Vous qui en êtes à votre troisième CAN, comment trouvez-vous l’organisation de la compétition, cette année, au Ghana ?

Encore une fois les conditions d’accueil sont exceptionnelles. On ne peut pas se plaindre de notre confort quand on observe les conditions de vie de la population locale. Commenter l’organisation de la CAN ce serait leur manquer de respect.

Propos recueillis par Adrien Nos.

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Le stade Yves du Manoir de Colombes (92) a accueilli les plus grands évènements du sport français jusqu’en 1974. L’enceinte, aujourd’hui vétuste, est occupée par le Racing-Métro 92 Rugby, en pleine reconstruction. Le conseil général des Hauts-de-Seine, propriétaire du stade, a le projet de rebâtir un grand stade, pour un grand Racing, dés 2010.

« Racing, Racing, Racing », les joueurs du Racing-Métro 92 Rugby sortent sous les applaudissements des deux milles spectateurs du stade Yves du Manoir, après leur victoire sur Grenoble (28-13). Un duel entre deux anciennes gloires du rugby français, aujourd’hui en deuxième division, qui a tourné à l’avantage des ciels et blanc du Racing. L’équipe banlieusarde cinq fois championnes de France, reste invaincue dans son stade de Colombes (92) depuis le début de la saison et espère retrouver son lustre d’antan dés l’année prochaine en retrouvant l’élite du rugby français. C’est dans les travées de ce « temple du sport français » que se reconstruit l’avenir du club.

« 100 ans, cela fait 100 ans que ce stade accueille les plus grands évènements du sport français. C’est le stade de France de l’époque » raconte Thierry Malingre, membre de la direction des sports du conseil général des Hauts-de-Seine et historien improvisé de ce stade mythique. Mais aussi 80 ans plus de 80 ans, que le Racing, fondé en 1882, est le club locataire de l’enceinte sportive.

Aujourd’hui, quand on pousse les portes bleues qui mènent à la tribune d’honneur, les seuls gradins encore debout, on a du mal à imaginer que ce stade vétuste de 7 500 places ait pu accueillir la finale de la Coupe du monde de football en 1938, remportée par l’Italie. L’enceinte ressemble plus à un stade municipal ou à un stade de quartier qu’à un monument du sport français. On cherche d’un regard dubitatif l’endroit où a été allumée la flamme Olympique en 1924, lorsque Paris était pour la première fois l’hôte des Jeux. Ce soir, la pelouse verdoyante labourée par les deux équipes, côtoie la piste d’athlétisme défraichie où on n’arrive plus à distinguer les lignes blanches. En observant ce stade en friche, on se demande où ont été entassés les 62 145 spectateurs qui ont assisté au match de football opposant l’équipe de France à l’URSS, en 1956. La tribune d’honneur plantée au milieu des 24 hectares du complexe sportif, paraît orpheline, perdue au milieu de la dizaine de terrains annexes qui l’entoure.

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Un public jeune qui ne connaît pas le passé glorieux de ce stade

« La tribune Marathon et les virages ont été rasés en 1994 car ils menaçaient de tomber. Ils ont été laissés à l’abandon pendant plusieurs dizaines d’années, alors ils sont devenus dangereux. C’est dommage, c’est du gâchis » déplore Thierry Malingre qui foule en tant qu’amateur, la piste d’athlétisme du stade depuis 1967. Les virages où autrefois se trouvaient les classes populaires pour encourager leurs héros de l’époque, ont été remplacés par des tentes chauffées qui servent de salon de réception pour les partenaires économiques du club et pour la 3e mi-temps des joueurs. Des panneaux publicitaires ont été dressés sur les ruines de la tribune Marathon, qui pouvait contenir plus de 20 000 personnes.

Assis sur les sièges ciel et blanc de la tribune d’honneur, les supporteurs du Racing sont venus en masse malgré le froid qui s’est abattu sur Paris, en ce weekend de décembre. Emmitouflés dans leurs écharpes aux couleurs du club, de nombreux pères de famille sont accompagnés de leurs enfants, qui donnent de la voix et agitent leurs drapeaux ciel et blanc pour se réchauffer. L’ambiance est au rendez-vous. Bercé par les exploits de la bande à Zizou au stade de France en 1998, ce jeune public n’a pas conscience de l’histoire portée par ce qui reste du stade de Colombes.

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« Les matchs se déroulaient devant 60 000, dans une ambiance incroyable » Jean

Au milieu de cette foule, Jean, 72 ans, regarde le match debout, s’abritant derrière un mur de la tribune pour se couper du vent. Cet ancien joueur du Racing dans les années 70, habite en face du stade qu’il fréquente depuis plus de 50 ans. Chaque weekend il traverse la rue qui le sépare du terrain sur lequel il s’entraînait, et où il vient maintenant en tant que simple spectateur. Il se souvient des matchs du Tournoi des V nations qu’il venait voir. «Les jours de match, les supporteurs adverses envahissaient Colombes. Je me rappelle des Anglais qui venaient en masse, le match se déroulait devant 60 000 personnes dans une ambiance incroyable ». Depuis quelques années, il se déplace moins régulièrement au stade, non pas qu’il n’ait plus le courage de parcourir les 50 mètres qui le sépare du stade mais parce qu’il ne retrouve plus l’ambiance de l’époque. « Le rugby d’aujourd’hui me plait moins, c’est trop défensif. En plus le stade maintenant c’est le désert ». Nostalgique ? « Non, il faut vivre avec son temps et ne pas regarder le passer, mais le Racing ne peut pas rester avec un stade comme ça. Si le club veut évoluer il faudra qu’il construise un nouveau stade, plus moderne ».

Construit en 1907 sur un champ de courses, le stade sera baptisé stade du Matin, du nom du journal qui en était le propriétaire. Mais c’est la désignation de Paris pour l’organisation des Jeux Olympiques de 1924 qui lance sa transformation en stade Olympique. A l’époque, la capitale ne possède pas de structure sportive de ce niveau, c’est le stade de Colombes qui est choisi. En 1928, il reçoit son nom définitif, en prenant celui de stade Yves du Manoir, du nom du rugbyman international, joueur du Racing, décédé dans un accident d’avion.

Un nouveau stade prévu pour 2010

80 ans après, c’est encore les Jeux Olympiques qui auraient pu faire renaître ce haut lieu du sport français. La candidature de Paris pour l’organisation des Jeux de 2012 avait relancé le projet de rénovation du stade. En effet, « le projet qui a échoué prévoyait d’utiliser cette enceinte pour accueillir les épreuves de baseball » raconte Anne Bernard-Dognin du service communication du conseil général des Hauts-de-Seine. Le département avait même décidé de prendre les choses en main en rachetant ce stade vieillissant au club du Racing, le 1er janvier 2003. Le projet resté dans un placard pendant plusieurs années, vient d’être relancé. Thierry Malingre soutient le projet sans trop y croire, « ce stade a été laissé à l’abandon, le mal est fait. Même si on construit un nouveau stade, il n’y a personne pour croire que ce stade renaîtra de ses cendres ».

Pourtant, des études sont menés depuis 2001 par le conseil général qui envisage de détruire le stade actuel pour en construire un nouveau entouré d’un centre commercial pour redonner vie au quartier » explique Anne Bernard-Dognin, du conseil général des Hauts-de-Seine. Un stade de 20 000 places, un stade annexe de 1 500 places, un hôtel intégré à l’enceinte, un pôle de loisirs et de commerce de plus de 45 000 m2 et un musée des JO devrait sortir de terre à l’horizon 2010-2011. Un concept à l’anglo-saxonne, où les infrastructures sportives côtoient un espace commercial. Les sept immeubles qui bordent l’ancien virage nord, aujourd’hui réduit à un mur de tôle peint en ciel et blanc, de puis 1973, vont voir s’ériger devant eux un complexe sportif de 18 hectares, s’étalant jusqu’à l’A 86. Un projet à la mesure des ambitions Racing ?

Les grandes équipes et les grands stades ne meurent jamais

Recrutement impressionnant, nouveau président, budget qui double d’une année sur l’autre, en quelques années, le Racing-Métro 92 se donne les moyens de ses ambitions. Jacky Lorenzetti, président du directoire de Foncia, est devenu le grand argentier du club. Tout le monde rêve en secret de défier les voisins parisiens du Stade Français, champion de France en titre. Cela ferait peut être venir Jean plus souvent au stade : « ce serait un très grand derby entre deux clubs qui se respectent, mais on y est pas encore » assure-t-il. Loin des paillettes et des stars du club de la capitale, le Racing se reconstruit en douceur. Le stade Yves du Manoir aussi. Tout le club imagine un derby francilien, dans un stade flambant neuf, les deux équipes entonnant à la fin du match, I Will Survive, l’hymne du stade français. En effet les grandes équipes ne meurent jamais. Espérons que les grands stades aussi.

Adrien Nos

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Londres, samedi 1er décembre, 12 h 30. Une marée bleue déferle sur les abords de Stamford Bridge, le stade du Chelsea Football Club (42 500 places), 3ème du championnat anglais. Venus en famille, entre amis ou en couple, les supporters des Blues, écharpes du club autour du cou, se sont déplacés en masse pour encourager leurs joueurs qui affrontent une autre équipe londonienne, West Ham à 12 h 45.
Tout juste sortie du métro à la station Fulham Broadway, une foule compact se déplace en chantant vers le stade, certains préférant faire un arrêt dans un des nombreux Pub qui entourent Stamford Bridge, attendant les dernières minutes pour pénétrer dans l’enceinte. En face de l’entrée principale, une centaine de « Blues fans » finissent leur dernière bière en entonnant des chants hostiles aux visiteurs. A quelques minutes du début du match, une cloche retentit, c’est le patron du bar, l’un des plus grands fans des Blues qui ferme ses portes pour aller retrouver sa place dans le stade. Pas question de rater ce match, l’un des plus importants de l’année. Non pas que ce Chelsea FC (3e)- West Ham (13e) soit une affiche au sommet, mais la rivalité entre les supporteurs est grande. Tout oppose les deux clubs, les riches de la banlieue résidentielle au sud de Londres (Chelsea FC) reçoivent les habitants de la banlieue populaire de l’est de la capitale, fiers de leurs valeurs de la working-class (West Ham).

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Sur les allées qui bordent Stamford Bridge, nombreux sont ceux qui revendent des tickets au marché noir, l’ensemble de la saison se jouant à guichet fermé. Les prix s’envolent parfois jusqu’à 100-150 pounds la place. « Tickets, tickets », un revendeur nous arrête. 160 pounds les deux places, « trop cher ». Le coup d’envoi du match va être donné dans une poignée de minutes, la négociation s’accélère : 120 pounds pour les deux. Marché conclut. C’est cher pour un match de football français mais en Angleterre c’est le prix à payer pour goutter à l’ambiance d’un match de Premiership. Ce supporteur d’Arsenal nous amène jusqu’à notre tribune : Shed End. « Good game guies » nous lâche-t-il devant l’entrée. Après avoir gravis les marches quatre à quatre, on arrive enfin au cœur de la tribune des supporteurs des Blues, juste derrière les buts, au niveau de la pelouse. Pas de grillage, pas de sécurité renforcée, juste un petit panneau de publicité nous sépare de la pelouse et des joueurs. Un tapis de billard s’offre aux vingt-deux acteurs qui dans quelques secondes viendront fouler la pelouse. Le match a déjà commencé dans les tribunes. Plusieurs milliers de supporters de West Ham donnent de la voix. Le stade leur répond en chantant: « Chelsea! Chelsea! We will follow the Chelsea, over land and sea, Chelsea! We will never be mastered by no northern bastards », en s’adressant aux supporteurs des violets et bleu. Les stars du Chelsea FC (Drogba, etc.) emmenées par Franck Lampard, le capitaine, entrent sur le terrain, suivis de leur adversaire du jour.

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La première mi-temps est pauvre sur le plan du jeu, seul l’engagement sur le terrain fait le spectacle. La proximité des supporteurs et des joueurs m’impressionne. Joe Cole manque son dribble et vient s’écrouler juste à nos pieds, à quelques mètres du poteau de corner. La foule respecte les joueurs, jamais de mauvais geste même envers un joueur adverse. Une situation impensable dans certains stades français.

La deuxième mi-temps sera un peu plus animée, avec un superbe but de Joe Cole, qui servit par Franck Lampard, dribbla le goal adverse et s’en alla marquer dans le but vide. 1-0, score final, pour un match moyen.

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A la sortie du stade la police à cheval encadre les supporteurs de West Ham pour éviter des affrontements avec ceux de Chelsea qui les attendent devant les Pub qui ont réouvert pour fêter la victoire des Blues. Le savoir-faire des Bobbies anglais est impressionnant. Munis de caméras, ils filment les moindres faits et gestes des supporteurs, gardant les images comme preuve en cas de débordements. Les plus excités sont escortés jusqu’au métro sans incidents. Une leçon pour la police française qui a souvent du mal à canaliser les mouvements de foule.

La marée bleue se disperse, sans oublier de faire un petit tour dans l’un des deux Mégastore dédié aux produits dérivés du club, avant de reprendre le métro. Et oui, Chelsea et sa pléiade de stars, c’est aussi du « business ».

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Branchez vos manettes, faites chauffez la console, et surtout préparez vous à passer la nuit scotché à l’écran. Les adeptes de “Pro Evolution Soccer” (PES) sont prévenus. La sortie de la version 2008 du jeu video attendue, aujourd’hui, par plus de 3 millions de Français, “relance le match PES-FIFA” annonce RTL.fr.

Les deux géants que sont le japonais Komani (PES) et l’américain Electronic Art (FIFA) se disputent le très lucratif marché du football sur console de jeu vidéo. “PES” est devenu le bien culturel le plus vendu en France, avec 1,6 millions d’exemplaires l’année dernière. Cette simulation de football ultraréaliste devance même Harry Potter. Ce phénomène aurait rapporté plus de 32 millions d’euros à Konami en 2006 selon le Parisien.fr, qui en fait la une, ce matin dans sa version papier. Un phénomène intergénérationnel.

Jeuxvideo.com parle de test pour Konami “face à la pression de FIFA” qui devient de plus en plus pressante. Si la dernière version du jeu développé par Electronic Arts peine toujours à dépasser le demi-millions d’exemplaires, le géant américain s’est décidé à suivre le leader du secteur sur son terrain, en misant lui aussi sur le réalisme du jeu dans sa dernière version sortie le mois dernier. Pour dribbler et distancer son adversaire, PES 2008 a tout misé sur l’intelligence artificielle (IA), avec un nouveau système nommé Teamvision selon clubic.com. Videogames.com annonce que cette innovation donne de nouvelles capacité à l’ordinateur pour s’ajuster à votre manière de jouer. Les adeptes du mode de jeu en solo ne seront plus lassés par les réactions prévisibles du jeu. Vous changez votre schéma tactique en cours de partie ? Eh bien vous êtes sûr que l’IA fera tout pour contrer votre nouvelle stratégie.

Sur les forums dédiés aux jeux vidéos, le débat fuse, pcastuces.com relance le match “PES 2008 vs FIFA 2008. Que le meilleur gagne…

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De Paris à Catane, le football européen est en train de vivre un véritable cauchemar. Mort d’un jeune supporteur du PSG en novembre dernier et décès d’un policier italien, le 2 février lors d’une rencontre entre deux clubs siciliens. Ces scènes de violence hors des stades marquent le retour sur le devant de la scène du phénomène hooligan. Depuis les années 60, ce mouvement se compose de petites bandes organisées, non officielles, infiltrées au sein d’associations de supporteurs, ayant pour seul but d’en découdre physiquement avec le camp adverse. Internet est en train de révolutionner le hooliganisme.

La toile met à disposition un espace de liberté et d’expression dont vont se saisir les Ultras du monde entier. Finit les réunions clandestines, les vidéos échangées en cachette. Ces groupuscules utilisent ce nouvel outil, en créant en toute légalité des blogs ou des forums de discussion afin de diffuser la culture hooligan. C’est l’interactivité offerte par Internet qui les attire (texte, photos, vidéos).

Les Boulogne Boys, association de supporteurs du PSG tristement devenue célèbre suite à la mort de Julien Quemener, un de leurs membres, en est la preuve. Sur leur site kobrules l’internaute peut cliquer sur une rubrique « Casual and Hool » (Hool pour hooligan). Apparaissent alors des vidéos relatant les exploits de leurs membres lors d’affrontements avec les forces de l’ordre ou avec d’autres groupes d’Ultras. C’est ce qu’ils appellent avec fierté « leurs faits d’arme ». Chaque film de leurs bagarres est considéré comme un trophée de guerre, qui ne doit pas être gardé en secret mais « balancé » sur le Net, la vitrine du hooliganisme. Le but est que ces images fassent le tour de l’Europe et que le groupe reçoive la reconnaissance des autres organisations. Les sites Youtube et Dailymotion, respectivement leader mondial et français du partage de vidéos en ligne, sont les principaux vecteurs de la diffusion de ces vidéos.

S’organiser en réseaux.

Si leurs affrontements paraissent anarchiques, les hooligans savent s’organiser, créer des réseaux. Les membres de chaque groupe sont solidaires, ils s’entraident. La création de forums facilite leur communication. Soutient aux « Interdits de stade » et aux hooligans italiens, collecte de fonds pour couvrir les frais judiciaire de l’un d’entre eux, ce site pariscasual.com de hooligans parisiens héberge la vie de cette communauté. Les membres, sous- couvert d’un pseudonyme, s‘échangent des DVD, critiquent les médias qu’ils accusent de désinformation sur leur mouvement, conseillent des livres sur le hooliganisme etc… Le phénomène s’internationalise, avec la naissance de forums européens (www.hooli-news.co.uk) où les hooligans anglais peuvent dialoguer avec leurs homologues français et allemands. Les derniers affrontements, les nouveaux faits de violences y sont rapportés comme sur un site d‘information. Les groupes d’extrême droite, déjà présent dans les stades, ont saisi très vite l’intérêt de s’impliquer dans le développement d’Internet. Les forums représentent un parfait outil de propagande pour les partis néo-nazi. Finalement il manque qu’une chose essentielle dans ces contenus …… le football….le vrai.

Adrien Nos

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 Du kiosque au lecteur, le journal passe de main en main, pour finalement terminer au fond d’une poubelle. Un éternel recommencement.

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3 questions posées à Yann Ferreira, responsable commercial du rayon sports collectifs d’un magasin Décathlon dans le Ier arrondissement de Paris.

 “Rupture de stock de maillots bleus”

La victoire de l’équipe de France contre les All Blacks, samedi dernier, a-t-elle entraîné un engouement des français pour les maillots des “Bleus” dans votre magasin?

Yann Ferreira: Bien sûr. La victoire des “Bleus” contre les All Blacks a provoqué une effervescence chez les Français. Depuis dimanche nos ventes de maillots sont en forte progression par rapport au début de la Coupe du monde. De plus en plus de femmes et de jeunes achètent les maillots des Bleus. La semaine reste calme, mais la veille et les jours de matches les ventes décollent. On s’attend à une grosse journée, samedi, pour le match face à l’Angleterre.

Justement avez-vous prévu assez de stocks dans le cas où la France deviendrait championne du monde?

Y.F.: Depuis une semaine nous sommes en rupture de stoc de maillots bleus dans tous les Décathlon de Paris. Il ne nous reste que des maillots blancs. Nous avons passé une nouvelle commande qui arrivera, j’espère, avant le match contre l’Angleterre. On ne s’attendait pas à un tel succès à Paris. C’est la première Coupe du monde de rugby qui se déroule en France, on a doublé la surface de vente du rayon rugby, mais on est resté prudent su les commandes de maillots.

Peut-on comparer cet engouement aux Coupes du monde de football de 1998 et 2006?

Y.F.: Rien à voir. Il existe un engouement pour les maillots, mais ce phénomène reste limité aux 25-40 ans, amoureux de rugby et à leur entourage. Pour la Coupe du monde de foot, tout le monde achète des maillots, même ceux qui n’y connaissent rien. Ce sont deux évènements pour l’instant incomparables en terme de vente, mais on y viendra…j’espère.

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